Accessoires de cérémonies magico-religieuses, protections contre les forces du mal, symboles de pouvoir, incarnations d’esprits ou d’ancêtres, acteurs des cortèges carnavalesques, originaires d’Asie, d’Afrique, d’Amérique du Sud ou d’Europe, les plus beaux masques du Musée du Carnaval et du Masque de Binche s’exposent à la Halle aux Blés de Durbuy, « la plus petite ville du monde », et ce à l’invitation de l’asbl Terre de Durbuy.
Le masque est universel : il est connu à travers les cinq continents de la planète et son usage est encore bien présent dans des cultures parfois très éloignées les unes des autres.
Les plus anciens témoignages des masques sous forme de dessins rupestres ou de statues-menhirs remontent à la Préhistoire (cfr l’exposition actuellement en cours à Wéris « Des pierres qui nous font signe »).
Pour quelles raisons l’homme a-t-il eu recours à cet artifice ? Pour se protéger de dangers imaginaires ou réels, pour communiquer avec des forces supérieures ou tout simplement pour réussir la prise du gibier ? Quel que soit le déclenchement initial, la transformation du visage et du corps de l’homme a été ressentie comme une bouleversante expérience d’ordre psychologique.
Et même si l’Europe d’aujourd’hui ne connaît pas de telles traditions, et si le port du masque y a perdu toute connotation magique, « les jours des masques » restent un moment privilégié de l’année, une fête « hors du temps » où les interdits sont transgressés et les rêves accomplis.
Sur le plan artistique, le masque opère la métamorphose de la personne en personnage. Il permet à l’homme de créer, de rendre tangibles ou faire venir s’incarner en lui des personnages d’horizons divers de l’imaginaire collectif : esprits, divinités, forces maléfiques ou héros, ainsi que des caricatures de lui-même et de ses semblables.
Laissez-vous entraîner dans le mystère du masque, « cet accessoire énigmatique et sans destination utile mais plus répandu que le levier, l’arc, le harpon ou la charrue », pour reprendre les termes du sociologue Roger Caillois.
L’exposition est ouverte jusqu’au 30 septembre, tous les jours de 11 h à 18h30 à la Halle aux Blés, Rue Comte d’Ursel, à Durbuy.
Entrées : adultes : 5 euros (3 euros avec le bon de réduction) seniors, étudiants, enseignants, groupes : 2 euros 6-18 ans : 1 euro moins de 6 ans : gratuit
Infos : asbl Terre de Durbuy, 086/21 02 19 (ou 086/43 47 95 pendant les heures d’ouverture de l’exposition).






