Du samedi 6 décembre 2008 au dimanche 11 janvier 2009.
Jacques V . Lemaire est un peintre belge, amateur d’art depuis l’enfance, vivant entre grandes villes et coin retiré d’Ardenne.
Il pratique une forme de peinture abstraite, vive et colorée, nourrie pour l’essentiel de la nature avec laquelle il vit en osmose mais également empreinte de l’héritage laissé par l’homme depuis que celui-ci a inventé l’art pariétal : il considère son travail comme un maillon dans cette aventure formidable commencée il y a 40.000 ans – rien moins, mais tout cela. Il peint d’ailleurs de façon ininterrompue, plusieurs tableaux à plat en même temps sur le sol car il utilise aussi des jus qui doivent sécher longtemps, et quand un tableau se termine, il l’écarte sans trop le regarder pour y mettre d’autres toiles, vierges ou non, qui prennent place dans la chaîne en silence .
Peinture toujours à l’huile. Carrés de neuf toiles qu’il peint ensemble ou séparément, les déstructure, les réassemble et poursuit son travail jusqu’à ce que l’équilibre – continu ou discontinu - s’exprime de tous côtés, dans tous le sens.
Traits lourds de terre d’ombre brûlée ( jamais de noir ) pour constituer la structure, des jus, des frottis, puis de larges à-plats de pâte, grattés, polis, toujours au couteau, parfois un peu de brosse, les mélanges faits à même la toile, les couleurs pures - rouges, jaunes, oranges, verts - appliquées au tube pour les parties hachurées, avec la volonté de ne jamais se laisser enfermer dans des règles, dans la poursuite de la réalisation d’une idée, d’un projet. La peinture chinoise ancienne, déjà : " la règle est l’absence de règle, ce qui constitue la règle suprême " .
Les toiles présentées ici constitue une partie du travail de ces derniers mois ( en réalité, une partie du travail réalisé depuis sa dernière exposition à Paris en mai 2008 ) , au cours desquels le peintre a parallèlement poursuivi son exploration - livresque et pratique - de la peinture pariétale paléolithique ainsi que ses pérégrinations aux sources de l’humain. Ce travail, en outre, se relie au site de mégalithe de Wéris, situé sur la commune de Durbuy : le rêve du peintre, qui a l’habitude de sortir ses toiles et de les installer en cours de travail dans la cour ou le jardin, au milieu des arbustes , dans les herbes et sur les arbres, eût été de pouvoir installer ses toiles sur le site- même de Wéris, en plein air, sur les chemins et sentiers qui relient les mégalithes entre eux.
A propos du titre de l’exposition : Terre d’ombre et de lumières .
La terre d’ombre est en peinture une nuance de brun que j’utilise très fréquemment aussi bien pour les fonds que pour les traits ( terre d’ombre brulée ), mais c’est aussi la terre, c’est-à-dire le lieu des enracinements mais aussi de tous les enfouissements. Cette terre d’ombre brûlée convient bien aux manifestations de peinture pariétale qui sont dans mes tableaux.
Il n’y a pas de couleur sans lumière, mais il n’y en a pas non plus sans l’ombre qui la fait éclore ou, par différence, la met en valeur.
Le sud de l’Europe que je connais bien est une terre d’ombres et de lumières violentes qui n’ont rien à voir avec la terre de lumière souvent mouillée et grise de notre ardenne, cette pluie et ce gris qui rendent encore plus belles les couleurs quand elles se manifestent même si – et justement à cause de cela aussi – cette manifestation est plus parcimonieuse, plus feutrée.
La terre - lieu de tous les enfouissements, la lumière – espace de tous les envols.
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Site du peintre : www.jacquesvlemaire.be





